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Cannes 2009 de J1 à J12

"le Silence de Lorna" et Monica Bellucci dans "Sanguepazzo" de Marco Tullio Giordana

J6, lundi 19 mai 2008



19 - 05
2008
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www.cinemaniacannes.fr élu Blog du jour L'Oréal Cannes le 17 et 18 mai, ça fait toujours plaisir...


     
Monica Bellucci lundi soir salle Debussy après la projection de "Sanguepazzo"de Marco Tullio Giordana, photo www.cinemaniac.fr

Sortie du WE, Cannes est toujours bondé mais on peut accéder aux projections plus facilement, disons plutôt qu'on vous y laisse entrer car des interminables files d'attente se forment un peu partout y compris devant la salle Bazin au 3° étage du palais des festivals, salle et étages réservés à la presse accréditée. Comme il y a trois projections dans la journée pour le film des frères Dardenne (les films de réalisateurs moins connus n'en ont qu'une vers 16h), qui a déjà remporté deux fois une Palme d'or, je tente 13h, je passe en accès de dernière minute, enfin, ils ouvrent les barrières après samedi et dimanche clos. Beaucoup de monde pour voir si "ils" vont décrocher la troisième palme d'or (après "Rosetta" et "L'Enfant"). 

J'en profite pour ouvrir une parenthèse sur les critiques que je lis le matin sur les deux journaux à ma disposition "Nice-Matin" et "Le Figaro", si le critique cinéma de "Nice-Matin" n'est pas très versé dans le film d'auteur, il a un solide bon sens et une vision experte des films, en deux mots, il argumente ce qu'il avance ; en revanche, dans "Le Figaro", l'écrivain Eric Neuhoff, devenu depuis quelques temps critique de cinéma, se permet de parler de "Serbis" de Brillante Mendoza (en compétition) comme d'un film porno, je vous livre l'extrait "... je lui ai évité le porno philippin et le film chinois sur la fermeture d'une usine : il faut parfois sauter certains numéros dans les menus asiatiques... " (il parle donc sur ce ton difficilement supportable de "Serbis" de Brillante Mendoza et de "24 City" de Jia Zhangke que je suis encore désolée de n'avoir pas pu voir, faute de places disponibles). En revanche, la veille, il s'extasie sur "Un Conte de Noël" d'Arnaud Desplechin, comme tout le monde (le consensus critique, les spectateurs, c'est autre chose quand on bavarde dans les files d'attente), vantant les potentialités inépuisables de la famille...

Revenons à nos moutons cannois... Vers 18h, déjà la file d'attente devant la salle Debussy pour le film événement de la journée, qui n'est pourtant pas celui des frères Dardenne dont on entend à peine la montée des marches voisine vers 19h mais un film hors compétition. La séance de "Sanguepazzo", prévue à 19h15, est très en retard, les gens nerveux qu'on leur grille leur tour, comme il y a beaucoup d'invités, le quota des places disponibles pour le festivalier ordinaire rétrécit, on a pourtant changé le lieu pour la salle pour Debussy, dévolue en principe à la section Un Certain regard, qui possède 1100 places. Ce retard dans l'organisation me permet de conserver mon appareil photo, ce qui est impossible dans la grand théâtre Lumière, j'en profiterai donc ensuite pour zoomer sur Monica Bellucci (voir photos dans ce billet). 

Je m'en vais dîner tard dans un petit resto italien près du Martinez, un faux petit resto pas très sympa mais où diner à Cannes sans payer des fortunes... Je suis allée plusieurs fois dans une brasserie près de mon hôtel qui me rappelle "Les Vapeurs" à Trouville, la gentillesse en moins, le tiroir-caisse tourne à plein régime, le bruit est assourdissant, de l'autre côté de la rue, il y a le "Via notte", une boite transpirante avec des paires de fesses trémoussantes qui dépassent des fenêtres ouvertes tant c'est bondé, les tables occupant dix fois l'espace de la boite en plein-air. En passant devant le Carlton, une actrice tendance bimbo mature californienne pose pour des photographes devant le portail "Indiana Jones", personne ne sait qui c'est, un ado dit que si c'est pour voir des vieilles qui s'habillent en jeunes...

Et déjà il pleut, encore...



"Le Silence de Lorna" des frères Dardenne / compétition / Belgique


sortie 27 aout 2008



photo Diaphana

En Belgique, une jeune femme albanaise accepte une sombre et dangereuse combine de mariage blanc avec Fabio, un truand, pour gagner de l'argent et ouvrir un snack avec son amoureux. Le dit Fabio, maffieux minable et impitoyable, a choisit pour Lorna un mari sur mesure afin qu'elle acquiert la nationalité belge avec l'objectif de divorcer ensuite et d'épouser dans les mêmes conditions un russe qui payera très cher pour obtenir la nationalité belge. Cependant, Fabio a choisit à dessein Claudy, un toxicomane, dont il compte se débarrasser aisément en faisant croire à une overdose. Mais Lorna n'est pas d'accord pour tuer son faux mari et essaye de convaincre Fabio qu'elle peut divorcer facilement sans éveiller les soupçons de la police. 

Un film nickel mais sans surprise, pas novateur. Un film introverti, silencieux, émotion réelle et contenue, superbe interprétation, typiquement le film d'auteur visible par tout le monde avec un mince effort.


montée des marches de l'équipe du film "Le Silence de Lorna", photo L'Oréal Cannes


"Sanguepazzo" ("Une Histoire italienne") de Marco Tullio Giordano : Hors compétition


sortie 9 juillet 2008



photo Ocean films

Après y avoir présenté en 2003 "Nos meilleures années", Marco Tullio Giordano est revenu ce soir à Cannes à 19h30 avec son dernier film "Sanguepazzo" ("Une Histoire italienne") traitant de la période précédente : l'Italie fasciste, "nos pires années", comme il a dit ce soir.

Monica Bellucci, star de la journée, interprète le rôle de Luisa Ferida qui était une actrice populaire du cinéma fasciste où elle fut entraînée par sa passion pour son mari le comédien Osvaldo Valenti, un caractériel cocaïnomane aux moeurs débridés qui les détruira tous les deux. Pour essayer de le sauver et lui fournir de la morphine pendant la guerre, elle acceptera de se vendre. Tous deux furent ensuite fusillées à la libération par les partisans, considérés plus comme des dégénérés que des fascistes. Le bruit courait, par exemple, que Luisa dansait nue pour exciter les tortionnaires et que Osvaldo filmait les tortures sur les prisonniers.

Un beau film sophistiqué et ambitieux, une large fresque sur les années noires de l'Italie fasciste avec cette histoire d'amour suicidaire en symbole de la décadence, un réalisateur qui se regarde un peu filmer tout de même, c'est le reproche qu'on pourrait lui faire, beaucoup de plans et de compositions à visée esthétique pure, beaucoup de Monica Bellucci pour le plaisir de filmer son visage dans le plaisir, pas mal de scènes qui servent peu ou pas le récit... Mais le film a plu, grande ovation après la projection, l'équipe du film n'en finissait pas de saluer. Ensuite, Monica Bellucci, sculpturale dans une robe blanche et noire comme cousue sur elle, renonce à sortir par la porte principale, les gens l'attendent avec des appareils photo, ils la voient à travers la vitre qui leur tourne le dos, flanquée de ses gardes du corps.

  
Monica Bellucci lundi soir à Cannes après la projection de "Sanguepazzo", photo www.cinemaniac.fr

 
Marco Tullio Giordana et Monica Bellucci après la projection de "Sanguepazzo", photo www.cinemaniac.fr


Monica Bellucci


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