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CinéManiaCannes 2009



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Le Blog invité au 62° festival de Cannes par
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Cannes 2009 de J1 à J12

Nuage de mots-clés des articles


Sage palmarès européen du 61° festival de Cannes

J12, dimanche 25 mai 2008



25 - 05
2008
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Le palmarès du rebelle président du jury Sean Penn est bien sage, presque conventionnel. On pensait au superbe film choc "Waltz with Bachir" d'Ari Folman pour la palme d'or ou autre prix, il n'a étrangement rien obtenu, déception. En revanche, le retour de deux films italiens en compétition officielle a donné deux prix : Prix du jury pour "Il Divo" de Paolo Sorrentino et Grand prix pour "Gomorra" de Matteo Garrone, deux films politiques, le premier, biopic excentrique sur Giulio Andreotti, nonagénaire sept fois président du conseil en Italie, le second, film éclaté d'un réalisme gris et lugubre sur les traffics maffieux dans la région de Naples. Avec le prix du scénario pour "Le Silence de Lorna" des frères Dardenne, déjà palmés d'or deux fois, pas de révolution au palais... Au film de Nuri Bilge Ceylan "Les Trois singes", le prix de la mise en scène : ce film mérite largement sa place au palmarès car cette histoire terrible d'un homme politique qui paye son chauffeur pour aller en prison à sa place et détruit par ricochet le reste de sa famille allie beauté des images et force de l'histoire (contrairement au film précédent "Les Climats" qui privilégiait la forme, fut-elle superbe).

  
"Entre les murs", photo Haut et court

Enfin, la palme d'or tombe sur l'avant-dernier film en compétition présenté le samedi et aussi le dernier film de la sélection française ajouté in extremis : "Entre les murs" de Laurent Cantet. On n'a pas fini d'entendre que ça ne "nous" était pas arrivé depuis Maurice Pialat il y a 21 ans avec "Sous le soleil de Satan"... J'ai vu le film ce soir en séance de rattrapage salle du 60° anniversaire à 21h15, contrairement à mes craintes, la salle n'était pas pleine malgré l'annonce de la palme d'or deux heures plus tôt... On se demande comment un public non francophone (et pour commencer, une bonne partie du jury), qui ne comprend évidemment pas le verlan et le langage des quartiers français dits sensibles a pu saisir les nuances des piquants dialogues, des échanges cocasses et fusionnels entre un prof et ses élèves d'un collège du 20° arrondissement de Paris (en anglais le titre est "The Class"). Le film est infiniment sympathique et touchant, l'interprétation nickel mais question mise en scène et cinéma novateur, on repassera. De toute façon, l'humeur était au documentaire : on pourrait résumer le palmarès en disant qu'on attendait un documentaire d'animation qui a l'air d'une fiction ("Waltz with Bachir") et qu'on a eu au final une fiction qui ressemble à s'y méprendre  à un documentaire ("Entre les murs").

Pour compléter le tableau, deux prix spéciaux créés par le jury  : Catherine Deneuve et Clint Eastwood, deux prix aux allures de politesse déférente pour les aînés et le prix d'interprétation masculine à Benicio Del Toro pour "Che", difficile de faire plus convenu. Le prix d'interprétation féminine est allé à Sandra Corveloni pour le film de Walter Salles "Linha de passe".
On avait pourtant aperçu ce soir dans la salle le bouleversant fakir du film singapourien "My Magic" d'Eric Khoo et l'épouse du réalisateur argentin Pablo Trappero, actrice principale de "Leonera" qui avait ému plus d'un festivalier...


sortie 24 septembre 2008

Palme d'or : "Entre les murs" de Laurent Cantet

Grand Prix : "Gomorra" de Matteo Garrone

Prix de la mise en scène : "Les Trois singes" de Nuri Bilge Ceylan

Prix du jury : "Il Divo" de Paolo Sorrentino

Prix du scénario : "Le Silence de Lorna" des frères Dardenne

Prix d'interprétation masculine : Benicio del Toro ("Che" de Steven Soderbergh)

Prix d'interprétation féminine : Sandra Corveloni ("Linha de passe" de Walter Salles)

Caméra d'or : "Hunger" de Steve Mac Queen ("Un Certain regard")


Pendant que le jury délibérait dans une villa sur les hauteurs de Cannes, les festivaliers ont passé leur journée en séance de rattrapage, tous les films de la compétition étant projetés aujourd'hui depuis 9h du matin à 23h simultanément dans plusieurs salles, mais, bien entendu, il fallait faire des choix... J'ai démarré sur "L'Echange" de Clint Eastwood, assez décevant, on se demande si Eastwood ne fait pas trop de films trop vite et Angelina Jolie est vraiment mono-expressive avec ce chapeau rond vissé sur le crâne, puis, j'ai enchaîné avec "Les Trois singes" de Nuri Bilge" Ceylan, un réalisateur décidémment plus doué que les autres, ensuite, "Gomorra" de Matteo Garrone, polar gris béton maffieux assez difficile à suivre, et en clôture "Entre les murs" (vu plus haut) pour ma dernière séance à Cannes.


Je complèterai ces billets du festival de Cannes de retour à Paris et j'irai faire, comme l'année dernière, un tour dans la reprise des sections parallèles à Paris, Un Certain regard (au Reflet Médicis) et La Quinzaine des réalisateurs (au Cinéma des cinéastes) du 28 mai au 3 juin, La Semaine de la critique(à la cinémathèque française) du 5 au 8 juin 2008...

 
Palmarès Un Certain regard

Prix Un Certain Regard / Fondation Gan pour le Cinéma
"Tulpan" de Sergey Dvortsevoy


Coup de Coeur du Jury 
"Wolke 9" de Andreas Dresen
 

Prix de l'espoir
"Johnny mad dog" de Stephane Sauvaire
 

Prix du KO
"Tyson" de James Toback

Prix du Jury 
"Tokyo sonata" de Kiyoshi Kurosawa


 

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"The Good, the bad, the weird", un western asiatique jubilatoire ferme les marches

J11, samedi 24 mai 2008



24 - 05
2008
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1 heure du matin... l'équipe du film "The good, the bad, the weird" redescend les marches, photo www.cinemaniac.fr


"The Good, the bad, the weird" de Kim Jee-woon /Corée du sud / hors compétition


sortie 17 décembre 2008

Dernière séance samedi à 22h30 avec un film coréen hors compétition "The Good, the bad, the weird" ("Le Bon, la brute, le cinglé") de Kim Jee-woon en hommage à Sergio Leone : un western jubilatoire qui a ravi le festival : comme a dit Thierry Frémeaux monté sur la scène avant la projection "vive le cinéma coréen!" Un film qui possède un rythme d'enfer avec des scènes quasi-parkisoniennes, des gunfights à répétition transposés dans le décor du western et une BO hyperludique. Un film désopilant où on alterne rire et sourire pendant deux heures : les trois anti-héros sont fameux : le bon, la brute, le cinglé et, cerise sur le gâteau, l'acteur qui interprète the bad (la brute) est trop beau... 


photo ARP

Auparavant, Wim Wenders a présenté à 19h30 "Palermo shooting", le dernier film en compétition. Montée des marches de Wenders accompagné de Dennis Hopper et Milla Jovovich.


Wim Wenders et Dennis Hopper, photo téléfestival

Demain dimanche, tandis que le jury délibère, on repasse les films en compétition en séance de rattrappage, deux ou trois toutes les deux heures, on pourra donc compléter son programme à condition que l'affluence soit plus raisonnable que depuis dix jours... 
 

Sans me lancer des pronostics à J-1, quelques pistes de Palmaresables, à mon avis... Parmi les films que j'ai vus, voilà mes favoris...

mon film préféré : "Waltz with Bashir" d'Ari Folman

mon actrice pour le Prix d'interprétation féminine : "Leonora" de Pablo Trapero

mon acteur pour le Prix d'interprétation masculine : "My Magic" d'Eric Khoo

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"My Magic" frappe au coeur et Paolo Sorrentino revisite Francesco Rosi dans "Il Divo"

J10, vendredi 23 mai 2008



23 - 05
2008
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limousine blanche géante pour Dennis Hopper ce vendredi, c'est loin "Easy rider"...,
photo www.cinemaniac.fr



En attendant pendant une heure et demi devant la salle du 60° anniversaire pour essayer de voir le film loupé hier "Adoration" d'Atom Egoyan, je manque d'attraper une insolation après la pluie... Encore une interview sauvage, micro, caméra, pour me demander si j'ai compté mes heures d'attente depuis dix jours, on dirait qu'après 61 ans de festival de Cannes, les journalistes tombent des nues et démystifient un peu cette année le rêve cannois. Personne ne rentrera pour "Adoration", pas plus que la veille, qui est donc installé dans cette salle de 400 places? On n'en saura rien. Je remplace le film par un déjeuner à la terrasse de "La Potinière" en face du Palais, une petite équipe de tournage débarque qui filme un documentaire sur Michel Ciment de la revue "Positif", le cameraman est quasiment assis sur ma table... Michel Ciment doit pour l'heure commenter la leçon de cinéma de Tarentino de la veille après avoir rencontré le réalisateur ce matin.

Vers 16h, j'enchaîne sur le film singapourien en compétition "My Magic" d'Eric Khoo, une petite merveille de simplicité, un film bouleversant de 1h15, malheureusement, la projection est gâchée par un troupeau de gens qui va et vient, pendant la première demi-heure, on fait entrer plein de retardataires et pendant le temps qui reste, les mêmes gens s'en vont...


"My Magic" d'Eric Khoo / Singapour / compétition



sortie 5 novembre 2008



photo Wild Bunch



Un serveur de boite de nuit au dernier degré de l'alcoolisme vit avec son fils qui prend soin de lui et pas l'inverse. Le gamin s'échine à travailler à l'école pour ne pas finir comme son père, vendant des corrigés à ses camarades pour gagner un peu d'argent. Grâce à la prestidigitation qu'il a abandonnée après le départ de sa femme, le père va essayer de se rapprocher de son fils et de gagner mieux sa vie pour lui payer des études. Le colosse magicien, avaleur de feu, fakir, professionnel expert, reprend du service mais tombe sous la coupe de son patron qui le paye cher pour un spectacle un peu particulier : distraire le grand patron en se laissant frapper toujours plus fort jusqu'à la torture physique.

Ce sacrifice d'un père, l'âme détruite par la vie, qui ne possède qu'un don, la magie, et va recommencer à exister aux yeux de son fils en redevenant le magicien, est un drame sec bouleversant. Au fil du récit, le fils voit rentrer son père, ses chemises tâchées de sang, des rouleaux de billets dans la main. Si le film débute en tragicomédie, la seconde partie est mélodrame poignant. Ces coups de téléphone factices (il n'a pas payé la note) que le père passe à son épouse disparue serrent le coeur. Ces tours de magie que le père apprend à son fils, ces timides repas partagés, depuis longtemps, les rôles sont inversés, le fils fait fonction de père pour le père, mais le colosse va mourir dans une dernière ligne droite sacrificielle pour offrir enfin à son fils une image de père. La fin est un peu naïve mais ça passe, le film est si fort qu'on a besoin, spectateur aussi d'un peu de réconfort.

Tourné en huit jours avec un acteur incroyable au physique d'homme des cavernes (Francis Bosco) qui joue un rôle autobiographique, lui-même étant cracheur de feu, interprétant ce colosse inconsolable d'avoir perdu la mère de son fils et avec elle l'univers de la magie car elle était son assistante, ce film simple et modeste frappe fort avec des très petits moyens. Une belle découverte.




  
Noémie Lenoir, égérie L'Oréal au regard de chat, photot www.cinemaniac.fr

  

Sortie de "My Magic", je passe roder près des voitures officielles, Dennis Hopper débarque d'une gigantesque voiture blanche avec sa jeune épouse, ensuite, c'est Noémie Lenoir qui se prête gentiment aux photos, très détendue. Je rejoins une consoeur blogueuse au bar du Majestic pour avaler rapidement un luxueux plat de pâtes et je fonce me changer, c'est à dire me déguiser en soir pour tenter le tapis rouge de 22h30. Je me hasarde à l'accès de dernière minute pour le dernier film de Paolo Sorrentino "El Divo" dont on entend depuis le matin que c'est bon, la côte monte... Déjà, des porteurs d'invit sont bloqués, tout le monde ne passera pas, donc, la file de dernière minute n'a aucune chance de monter les marches. Je crois que depuis le début du festival, cette file d'attente, qui fonctionnait très bien l'année dernière, m'a permis d'entrer deux fois, c'est peu, pour le reste, je ne dois l'accès aux projections dans le grand théâtre Lumière qu'à des invit données, arrachées, etc... Comme je bavarde avec l'équipe de sécurité, une jeune femme du staff jolie et souriante s'approche de moi, il est 22h25 et je m'apprête à rebrousser chemin vers un bar quelconque de la Croisette, et, là, elle sort de sa poche une invit top qu'elle me donne : une place d'orchestre au centre, à quelques rangs de l'équipe du film, je n'ai jamais été si bien placée, qu'elle soit bénie... J'avais adoré "L'Ami de la famille" que le public avait boudé, ce soir, c'est le contraire, Paolo Sorrentino est ovationné pour ce film politique inspiré de l'école Francesco Rosi, revu et corrigé, quant à moi, je suis sceptique...

  
Gaël Garcia Bernal arrive en voiture officielle ce vendredi, photo www.cinemaniac.fr



Mélanie Laurent


Mélanie Laurent coincée dans les embouteillages de voitures officielles...

"Il Divo" de Paolo Sorrentino / Italie / compétition


sortie 31 décembre 2008



photo Studio Canal

Enquête sur le citoyen Giulio Andreotti, 91 ans, leader de la droite démocrate chrétienne en Italie depuis des décennies, sept fois président du conseil, accusé de collusion avec la mafia et acquitté à chaque fois par la justice. Partagé entre film politique, avec références historiques précises et portraits de personnages existants, et film créatif manière Sorrentino, on en sort un peu perplexe. Sur le fond, c'est du Francesco Rosi, Elio Petri, remis au goût du jour, sur la forme, le héros est le jumeau du vieux garçon de "L'Ami de la famille" : un presque vieillard raide et migraineux, à la voix monocorde, qui passe son temps devant un verre où il dissout de l'aspirine effervescente. L'ensemble, bien que beaucoup moins excentrique que le film précédent, est très stylisé avec des ruptures de rythme ludiques et une BO éclectique souvent tonique. En outre, ce film courageux est assez difficile à suivre si on ne connaît pas l'histoire politique italienne d'autant que Paolo Sorrentino est un homme pressé...


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"La Frontière de l'aube" de Philippe Garrel sifflé, l'Amazonie et Palme off pour le Blog!

J9, jeudi 22 mai 2008



22 - 05
2008
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Palme d'or off du meilleur blog pour CinéManiaC à Cannes!!!


 
Qui est donc ce monsieur qui tient la palme d'or off du meilleur blog 2008* à Cannes que j'ai reçu tout à l'heure au titre du blog www.cinemaniacannes.fr? Tout simplement, un des hommes de la sécurité qui décident malgré eux de nos destinées cinématographiques à Cannes : nous laisser entrer ou pas dans le grand théâtre Lumière pour voir un film en compétition officielle, et justement, ce soir pour "Adoration" d'Atom Egoyan à 22h30, ce petit tour sur la terrasse du toit du très chic hôtel 3.14, lieu de remise du prix, m'ayant retardée, en dix minutes, je ne parviens pas à décrocher une invitation et la file d'accès de dernière minute restera fermée. Mais en arrivant essoufflée, l'objet sous le bras, je n'avais pas remarqué combien ça se remarque et la palme circule... 

  
* Soirée au 3.14, Hugo Meyer, Le Blog Reporter (au centre), avait reçu la Palme d'or off du meilleur blog à Cannes en 2007



Les femmes-chats
élues à la soirée des Palmes d'or off au 3.14


LadyKat et les femmes-chats soirée des Palmes d'or off au 3.14


LadyKat à la soirée des Palmes d'or off au 3.14

Flash-back sur une des dernières journées à Cannes : vers 14h, la chance me sourit, je décroche une invitation à l'orchestre pour aller voir le film de Philippe Garrel en compétition "La Frontière de l'aube", à ce détail près qu'une personne doit encore me maudire qui essayait de convaincre la donneuse de deux invitations à trois personnes que ce soit plutôt elle que moi, laquelle de nous deux était véritablement arrivée avant l'autre... Car les invitations sont de deux types : les marron qui nécessitent aussi un badge et les bleu pas. La jeune fille a plusieurs invit marron mais pas de Pass, elle cherche donc à échanger à un détenteur de badge un orchestre marron contre un balcon bleu mais les gens refusent alors qu'ils seraient beaucoup mieux placés à l'orchestre... Bref, ça me permet de voir la salle allumée qui se remplit, pour une fois que je ne cours pas... C'est frappant la différence de confort entre l'orchestre, avec avec ses fauteuils bien espacés première classe et ses quatre entrées de toilettes dans la salle, et le balcon vertigineux construit à pic où on a une seule porte pour tout l'étage avec une file d'attente immense dans le grand couloir en dehors de la salle... Autre avantage, au niveau 1, on accède directement aux stands mitoyens Nespresso et Contrex pour se désaltérer (pour les porteurs de badge ad hoc, bien sûr). Bref, la projection se passe à voir sortir les gens de la salle par grappes, ceux qui restent sont impitoyables, dans les passages oniriques, des spectateurs ricanent perfidement et à la fin, les sifflets, les huées, une horreur pour Garrel (dont on sait la démarche artistique pure et les difficultés économiques qu'il a à tourner un film) qui va ensuite monter les marches avec ses acteurs à la session de 19h30...



équipe du film "La frontière de l'aube" sur le tapis rouge, photo L'Oréal Cannes

"La Frontière de l'aube" de Philippe Garrel / France / compétition



sortie 8 octobre 2008



photo les Films du Losange

Une histoire d'amour fou entre un photographe et une star de ciné, jeune actrice fragile et alcoolique, une histoire à la fois torride et abstraite dans le style Garrel avec focus sur les deux personnages seuls au monde qu'on ne voit pas dans d'autres activités de leur vie en dehors de leurs rencontres. Il sonne à la porte pour faire des photos, elle est entourée d'une bande de parasites qu'elle vire, mais, très vite, elle arrête la séance de pose. Le lendemain, elle a loué une chambre dans un hôtel pour les photos, ils ne se quitteront plus ou si peu. Carole, la star, est mariée à un homme qu'elle ne voit jamais sauf quand il revient à l'improviste et que François, son nouvel amant, s'échappe en caleçon sur le palier de l'appartement, scène dramatique vaudevillesque. François le prend mal, il refuse de revoir Carole, quelque chose s'est cassé.

Quand Carole tente de se suicider, François va tout de même la voir dans l'hopital psychiatrique où elle est internée. Quand on vient de lire l'interview de Laura Smet qui joue Carole où elle raconte son séjour à Sainte Anne et qu'elle est toujours sous traitement, on est choqué que le réalisateur lui fasse jouer son propre rôle ou à peu près même si c'est un peu aussi son histoire à lui... Camisole de force, séance d'électrochoc, une complaisance ingénue à montrer. Ceci dit, la première partie se terminant sur la mort de Carole est la meilleure, Laura Smet est photographiée somptueusement et surprend par son jeu juste et sobre. Un an plus tard, François rencontre une autre femme et s'apprête à l'épouser mais le fantôme de Carole vient le hanter... Dans cette seconde partie, les interventions oniriques fantômatiques de la suicidée ont suscité les consternantes moqueries de la salle, le fantastique poétique ne fonctionne plus...

Dans l'ensemble, si l'image et la mise en scène sont nettement plus belles que dans la plupart des films, c'est un cinéma anachronique avec des comportements introspectifs et des discussions Nouvelle vague sur le comment du pourquoi des mécanismes amoureux, on s'observe, on se raconte, on se regarde souffrir... Un cinéma bavard et poétique qui n'a pas évolué depuis trente ans où on croirait voir Antoine Doinel/JP Léaud avec Louis Garrel qui le pastiche inlassablement. Quand on a pris l'habitude des cinémas réflétant l'état du monde, ça ne passe plus, on a le sentiment que le réalisateur est figé dans une époque, celle des années 70, sans doute l'époque où il aurait dû être sélectionné à Cannes où il vient pour la première fois, sa carrière étant plutôt derrière lui. Pas sûr que cette sélection à Cannes lui rende service où on le jette en pâture aux fauves entre deux fêtes people, un dîner caritatif à 5000 Euros le couvert et une partie de poker de stars...


"A Festa da menina morta" de Matheus NachterGaele / Brésil / Un Certain regard

Sur les bords de l'Amazonie, Santinho, auteur d'un soit-disant miracle lors du suicide de sa mère, a été érigé en saint par la population et se fait servir par de nombreuses femmes qu'il tyrannise... Encore un film où tout le monde quitte la salle... Car ce premier film brésilien, en compétition pour la caméra d'or, est assez déroutant. En dressant le portrait d'une sorte de secte d'adorateurs de Santinho, la récit démontre la capacité illimitée de l'homme à développer les croyances les plus saugrenues pour conjurer la mort.


photo Fado filmes







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Argentine : second film en compétition "La Mujer sin cabeza" et "Salamandra" à la Quinzaine des réalisateurs

J8, mercredi 21 mai 2008



21 - 05
2008
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L'Amérique du sud est à l'honneur cette année, c'est le moins qu'on puisse dire, deux films brésiliens en compétion ("Blindness" de Fernando Meirelles et "Linha de passe" de Walter Salles), deux films argentins en compétition "Leonera" de Pablo Trapero et "La Mujer sin cabeza" de Lucrecia Martel. Aujourd'hui, on passait à Un Certain regard un film brésilien très tentant que je vais tâcher de voir demain "A festa da menina morta". Dans la Quinzaine, il y a aussi au programme le brésilien "Tony Manero" et un film vu ce soir "Salamandra" de Pablo Agüero. Sans parler du film sur Maradona de Kusturica hier soir et le film événement de la journée "Che" : en fait, deux films accolés de Steven Soderbergh (4h30 l'ensemble).


Steven Soderbergh monte les marches pour "Che", photo L'Oréal Cannes


  
sortie en deux parties les 7 et 28 janvier 2009


Pour cette nième montée des marches de l'équipe du film de "Che" de Soderbergh en compétition ce soir, on a vu Madonna et Sharon Stone poser ensemble, rivalisant de blondeur et de robes noires décolletés dans le dos, qui animeront ensemble demain le dîner caritatif de l'AMFAR. Madonna avait réussi à caser aujourd'hui la projection d'un documentaire sur le Malawi ("I'm because we are") qu'elle a produit et commenté, tourné par son jardinier, homme à tout faire... L'autre jour, c'était une bénévole autralienne qui présentait son film amateur documentaire "The third wave" sur le Tsunami parrainé par le président Sean Penn, cette fois-ci, c'est son ex-épouse qui s'y colle... Où est le cinéma ici, on peut se le demander, quant à la tendance tout humanitaire des superstars en quête de sens à leur vie, Angelina Jolie au moins ne nous a pas apporté de film sur la Namibie, merci...


Benicio Del Toro interprète le "Che", photo L'oréal Cannes



"La Mujer sin cabeza" de Lucrecia Martel / compétition

(sortie 29 avril 2009)
 

photo Ad Vitam

Des enfants jouent avec un chien dans la campagne. A cause d'une distraction au volant, une femme écrase ce même chien en roulant en voiture mais elle ne sait pas qui elle a percuté, elle est choquée. Pourtant la vie reprend mais elle semble de plus en plus indifférente aux choses. Subitement, cette femme, Veronica, affirme à son mari qu'elle a tué quelqu'un, pourtant, sur place, on ne retrouve que le cadavre du chien. Quelques temps plus tard, on découvre un cadavre humain...  On ne sait pas si le film veut démontrer la culpabilité ou, au contraire, l'indifférence bourgeoise à tout y compris à un possible homicide. Certains esprits chagrin y auraient vu un film "sans queue ni tête"...


"Salamandra" de Pablo Agüero / Quinzaine des réalisateurs


équipe du film (avec le réalisteur à gauche) ce soir dans le cinéma du sous-sol du Noga-Hilton, lieu de projection des films de la Quinzaine des réalisateurs, photo www.cinemaniac.fr

Premier film d'un réalisateur argentin, Pablo Agüero, tourné en Patagonie en masquant la beauté des lieux et les espaces verts, il concourt pour la caméra d'or. Une jeune femme, dont on laisse entendre qu'elle sort de prison, vient chercher son fils qu'elle ne connaît pas et l'emmène dans une communauté du bout du monde en Patagonie, peuplée de vieux hippies et de renégats. Dans cette ambiance hostile, pour ne pas dire épouvantable et sinistrissime, la mère et le fils vont tenter de faire connaissance. Il y a longtemps que je n'avais pas vu un film aussi ingrat et ennuyeux, un vrai pensum...

tapis story


Michelle Yeoh, une robe différente tous les jours... photo L'Oréal Cannes

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"Delta" en compétition et "Maradona" par Kusturica, stars à la sortie des artistes

J7, mardi 20 mai 2008



20 - 05
2008
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arrivée de Sean Penn pour le film "L'Echange" de Clint Eastwood en compétition mardi 20 mai, photo www.cinemaniac.fr


Senn Penn ressort de la projection le soir avec Jeanne Balibar (à gauche) et Alfonso Cuaron (à droite) du jury, photo www.cinemaniac.fr


Encore une journée pluvieuse sur Cannes, je m'en vais voir le film hongrois en compétition à 16h : "Delta", bizzarrement, c'est très demandé, j'attends dans la file d'accès de dernière minute et mon voisin me convainc d'y renoncer, d'en sortir pour chercher une invit providentielle d'un retardataire. Un monsieur charmant me donne une place d'orchestre, c'est à dire VIP numérotée et beaucoup plus confortable, les sièges beaucoup moins tassés, comme en avion... Bref, j'exulte, c'est la première fois de la saison que je décroche une place à l'orchestre. Malheureusement, les vigiles s'emmêlent dans les entrées, celui qui veut faire passer la presse avant les invités, le collègue qui veut qu'on attende et le troisième qui persuade les deux autres de nous expédier de l'autre côté du tapis, le système de barrières faisant que pour faire 50 m en ligne droite, on en fait parfois 500 en faisant le grand tour. Soudain, les mecs de l'autre côté annoncent qu'il y a eu surbooking, encore!, que c'est complet tandis que dans la file que j'ai quitté, on vient d'ouvrir les barrières... En désespoir de cause, ce gentleman qui m'a donné une invit, ayant de surcroit du mal à marcher, sort sa carte tricolore du CNC, excusez du peu... mais un type borné le prend de haut et refuse de nous laisser passer, enfin, on fait un signe, il reste deux places, on passe in extremis, le film a déjà commencé... Les festivaliers ne tardent pas à payer leur empressement à voir "Delta", les gens vont sortir de la salle tout le long du film qui est le plus dur, fond et forme, que j'ai vu depuis le début du festival...

"Delta" de Kornél Mundruczo / Hongrie / compétition


sortie 4 mars 2009



photo Filmpartners


Un jeune homme introverti et taciturne revient au pays après des années d'absence s'installer dans la région du Delta, en pleine nature sauvage coupée du monde. Il y rencontre sa soeur qu'il ne connaissait pas qui part habiter avec lui dans une cabane délabrée. La mère de la jeune fille et son beau-père tiennent un bar, seul point de rencontre de la région où les habitants vivent de façon rustre et peu civilisée. Cette relation entre le frère et la soeur va choquer les autochtones et provoquer un drame. Le beau-père ne supportant pas que sa belle-fille quitte la maison, sa réaction sera ignoble et violente. Les deux jeunes gens entreprennent la construction d'une maison sur pilotis et invitent tout le village à partager un repas de poisson...

Ce film aborde le thème de l'inceste d'une façon étrange, ce n'est pas la relation entre le frère et la soeur qui intéresse le réalisateur mais la réaction de l'entourage, leur intolérance sur ce qu'ils considèrent comme contre-nature et qui les transformés en chiens enragés. Une scène de viol marquera les esprits car elle filmée de très loin au point qu'on n'est pas certain de reconnaître le violeur qu'on devine.

C'est typiquement le film d'auteur puissance auteur avec des séquences caricaturalement auteuristes comme cette scène où deux personnages plantent deux clous pour bâtir une maison et qu'on filme ces deux clous en amplifiant la bruit du marteau, résultat, des spectateurs supplémentaires quittent la salle... Ou cette scène n'ayant rien à voir avec le style du reste du film de remontée du fleuve en bâteau avec des sortes de tableaux vivants sur une musique lyrique. Pour l'essentiel du film, c'est dépouillé à l'extrême, on parle très peu, le jeune homme, le frère, ne dit quasiment rien, sa soeur un peu plus, les gestes de la vie sont réduits à des esquisses. Le rapprochement entre le frère et la soeur est montré par touches infinitésimales, elle est malade, il pose la tortue sur son lit, son animal de compagnie, on finira d'ailleurs sur la tortue qui est la note la plus "humaine" du film. Je ne vois pas très bien à qui je pourrais conseiller d'aller voir ce film, trop c'est trop... 


  
l'actrice chinoise Zhang Yiyi, photo www.cinemaniac.fr



Philippe Katerine, photo www.cinemaniac.fr

En sortant, je m'en vais à la place stratégique de la sortie/entrée des artistes derrière le palais, avec mon badge, j'ai le droit d'entrer dans cette zone jouxtant le marché du film. C'est le seconde fois que j'y vais, la première fois par hasard, et il y règne une ambiance bon enfant, les chauffeurs et les vigiles sont gentils, compréhensifs, certains d'entre eux prennent aussi des photos après leur service, je bavarde avec un projectionniste du festival qui me donne quelques tuyaux, puis avec quelques personnes ici et là. Naturellement, mon tempérament monomaniaque me fait renvoyer la conversation sur qui a vu Sean Penn etc... J'apprends qu'il a séché la séance de "Delta" aujourd'hui mais qu'il la rattrapera demain, qu'il n'a pas signé d'autographe à un solitaire fan avec sa photo sous le bras, qu'il fait à peu près tout le temps la gueule mais qu'importe, on lui pardonne tout.  19h, voilà qu'il sort de la voiture officielle à la vitesse de l'éclair, pourtant, il stoppe pour éteindre une cigarette, ensuite, une jeune fille la ramasse pour la conserver... J'ai réussi à la photographier de profil, il va à la séance de "L'Echange" de Clint Eastwood en évitant le tapis rouge. L'événement de la journée est cette montée des marches de 19h30 avec l'équipe du film dont Angelina Jolie accompagnée par Brad Pitt et plein de stars ou assimilés. Vus à la sortie des artistes : Sharon Stone, Christian Bale, Michel Piccoli, Dita Von Teese, Judithe Godrèche, Julie Gayet, Antoine et Emma de Caunes, Tchéky Karyo, Nick Nolte, Charles Berling, Aura Atika, etc... (quelques photos prises à l'entrée ou la sortie à la fin de ce billet).


montée des marches pour "L'Echange" de Clint Eastwood ici avec Angelina Jolie, photo L'Oréal Cannes



Brad Pitt accompagne Angelina Jolie pour la montée des marches de "L'Echange" de Clint Eastwood, photo L'Oréal Cannes


Vers 10h du soir, j'y retourne avant le film sur Maradona, je m'apprête à tourner les talons quand Sean Penn sort vers 23h avec tout le jury (Marjane Satrapi en robe longue marron très élégante), le voir deux fois dans la journée, quelle volupté... Le bad boy préféré des françaises monte en voiture officielle avec l'actrice Alexandra Maria Lara, également au jury, tout d'argent vêtue, souriante, d'ailleurs, lui aussi esquisse un vague sourire, ma voisine me dit qu'il s'habitue à nous... Ma photo est ratée, un policier s'est moqué de moi en me disant que j'ai eu le profil droit et qu'il me manque le gauche, personne n'arrive à le photographier de face quand il fait ses allers et retours...



sortie  28 mai 2008

23h passées, je me précipite prendre le quart dans la file d'attente de dernière minute près du tapis rouge pour le film "Maradona" de Kusturica, je suis très en retard... Presque aussitôt, un invité tend une invitation sup dans le vide, je bondis, il me la donne, hop, je repars refaire le tour, stoppée par un type qui me filme pour une télé en me demandant de témoigner sur les invit de dernière minute, cette fois-ci, il faut faire presque un km en courant pour rejoindre la file des invités, je manque de m'asphyxier tout en craignant que ça soit encore surbooké même pour la séance de nuit de 23h30.


équipe du film pour "Maradona", photo L'Oréal Cannes


L'ambiance de la séance sur Maradona est jubilatoire, parfois, on se croirait au stade, sur le tapis déjà, on dribble, Kusturica, Maradona du bout de sa chaussure noire cirée, ballon au pied. C'est très animé sur une musique de tango, on exhibe des maillots de l'équipe argentine ciel et blanc frappés du 10. Thierry Frémaux a l'air ravi en présentant Kusturica et Maradona depuis la scène (ce qu'on ne fait jamais pour les autres projections plus coincées). Maradona est applaudi avant même son entrée dans la salle, on le voit sur l'écran géant, il embrasse les gens, il signe des autographes, l'homme est charismatique au delà du possible. On le verra dans ce film assez génial avec la musique des Sex-Pistols ("God save the queen") quand il marque son but légendaire (la fameuse "main de Dieu") contre l'Angleterre (images d'archives, retour au stade, les gens l'ovationnent comme si il venait de marquer ce but maintenant!). Un but politique contre l'Angleterre car Maradona est un révolutionnaire qui défend les opprimés, les quartiers populaires dont il est issu, une enfance à jouer au foot même la nuit sans voir le ballon pour apprendre à se positionner... Sur son bras, le tatouage du Che, sur la jambe celui de Fidel Castro, avec toujours l'esprit de revanche du sud sur le nord, Kusturica fait tenir à Maradona un discours politisé, engagé qu'il tenait jusqu'alors off, comme sur Bush qu'il traite de '"poubelle humaine"...

Sans parler d'un savoureux mariage de l'église Maradonienne en Argentine où on vénère Maradona avec des rituels et un même un chapelet avec 34 ballons, le nombre de but marqué par Maradona!!! La BO dans son ensemble est top, l'insert des images de synthèse, d'archives, le concert de Maradona, ses rencontres avec Fidel Castro, ses confidences sur la cocaïne, seul petit bémol, on voit presque autant Kusturica que Maradonna à l'image... Néanmoins, ce film devrait avoir une belle carrière, un vrai régal, et pour les authentiques amateurs de foot, ça doit être l'ivresse...
Site officiel du film...


Sortie des artistes...

   
Dita Von Teese, photo www.cinemaniac.fr


    
Judith Godrèche, photo www.cinemaniac.fr

  
Tchéky Karyo, photo www.cinemaniac.fr

    
Julie Gayet, photo www.cinemaniac.fr

    
Emma de Caunes et Virginie Couperie, ex Mme Julien Clerc, (accompagnant Charles Berling), photo www.cinemaniac.fr


Corinne Touzet, photo www.cinemaniac.fr

Lire ou écouter l'interview (ce mardi matin) de votre cinéblogueuse de CinéManiaCannes par Caroline Lafargue pour l'émission "C déjà le matin" sur Radio-France Bleu IDF...

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"le Silence de Lorna" et Monica Bellucci dans "Sanguepazzo" de Marco Tullio Giordana

J6, lundi 19 mai 2008



19 - 05
2008
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www.cinemaniacannes.fr élu Blog du jour L'Oréal Cannes le 17 et 18 mai, ça fait toujours plaisir...


     
Monica Bellucci lundi soir salle Debussy après la projection de "Sanguepazzo"de Marco Tullio Giordana, photo www.cinemaniac.fr

Sortie du WE, Cannes est toujours bondé mais on peut accéder aux projections plus facilement, disons plutôt qu'on vous y laisse entrer car des interminables files d'attente se forment un peu partout y compris devant la salle Bazin au 3° étage du palais des festivals, salle et étages réservés à la presse accréditée. Comme il y a trois projections dans la journée pour le film des frères Dardenne (les films de réalisateurs moins connus n'en ont qu'une vers 16h), qui a déjà remporté deux fois une Palme d'or, je tente 13h, je passe en accès de dernière minute, enfin, ils ouvrent les barrières après samedi et dimanche clos. Beaucoup de monde pour voir si "ils" vont décrocher la troisième palme d'or (après "Rosetta" et "L'Enfant"). 

J'en profite pour ouvrir une parenthèse sur les critiques que je lis le matin sur les deux journaux à ma disposition "Nice-Matin" et "Le Figaro", si le critique cinéma de "Nice-Matin" n'est pas très versé dans le film d'auteur, il a un solide bon sens et une vision experte des films, en deux mots, il argumente ce qu'il avance ; en revanche, dans "Le Figaro", l'écrivain Eric Neuhoff, devenu depuis quelques temps critique de cinéma, se permet de parler de "Serbis" de Brillante Mendoza (en compétition) comme d'un film porno, je vous livre l'extrait "... je lui ai évité le porno philippin et le film chinois sur la fermeture d'une usine : il faut parfois sauter certains numéros dans les menus asiatiques... " (il parle donc sur ce ton difficilement supportable de "Serbis" de Brillante Mendoza et de "24 City" de Jia Zhangke que je suis encore désolée de n'avoir pas pu voir, faute de places disponibles). En revanche, la veille, il s'extasie sur "Un Conte de Noël" d'Arnaud Desplechin, comme tout le monde (le consensus critique, les spectateurs, c'est autre chose quand on bavarde dans les files d'attente), vantant les potentialités inépuisables de la famille...

Revenons à nos moutons cannois... Vers 18h, déjà la file d'attente devant la salle Debussy pour le film événement de la journée, qui n'est pourtant pas celui des frères Dardenne dont on entend à peine la montée des marches voisine vers 19h mais un film hors compétition. La séance de "Sanguepazzo", prévue à 19h15, est très en retard, les gens nerveux qu'on leur grille leur tour, comme il y a beaucoup d'invités, le quota des places disponibles pour le festivalier ordinaire rétrécit, on a pourtant changé le lieu pour la salle pour Debussy, dévolue en principe à la section Un Certain regard, qui possède 1100 places. Ce retard dans l'organisation me permet de conserver mon appareil photo, ce qui est impossible dans la grand théâtre Lumière, j'en profiterai donc ensuite pour zoomer sur Monica Bellucci (voir photos dans ce billet). 

Je m'en vais dîner tard dans un petit resto italien près du Martinez, un faux petit resto pas très sympa mais où diner à Cannes sans payer des fortunes... Je suis allée plusieurs fois dans une brasserie près de mon hôtel qui me rappelle "Les Vapeurs" à Trouville, la gentillesse en moins, le tiroir-caisse tourne à plein régime, le bruit est assourdissant, de l'autre côté de la rue, il y a le "Via notte", une boite transpirante avec des paires de fesses trémoussantes qui dépassent des fenêtres ouvertes tant c'est bondé, les tables occupant dix fois l'espace de la boite en plein-air. En passant devant le Carlton, une actrice tendance bimbo mature californienne pose pour des photographes devant le portail "Indiana Jones", personne ne sait qui c'est, un ado dit que si c'est pour voir des vieilles qui s'habillent en jeunes...

Et déjà il pleut, encore...



"Le Silence de Lorna" des frères Dardenne / compétition / Belgique


sortie 27 aout 2008



photo Diaphana

En Belgique, une jeune femme albanaise accepte une sombre et dangereuse combine de mariage blanc avec Fabio, un truand, pour gagner de l'argent et ouvrir un snack avec son amoureux. Le dit Fabio, maffieux minable et impitoyable, a choisit pour Lorna un mari sur mesure afin qu'elle acquiert la nationalité belge avec l'objectif de divorcer ensuite et d'épouser dans les mêmes conditions un russe qui payera très cher pour obtenir la nationalité belge. Cependant, Fabio a choisit à dessein Claudy, un toxicomane, dont il compte se débarrasser aisément en faisant croire à une overdose. Mais Lorna n'est pas d'accord pour tuer son faux mari et essaye de convaincre Fabio qu'elle peut divorcer facilement sans éveiller les soupçons de la police. 

Un film nickel mais sans surprise, pas novateur. Un film introverti, silencieux, émotion réelle et contenue, superbe interprétation, typiquement le film d'auteur visible par tout le monde avec un mince effort.


montée des marches de l'équipe du film "Le Silence de Lorna", photo L'Oréal Cannes


"Sanguepazzo" ("Une Histoire italienne") de Marco Tullio Giordano : Hors compétition


sortie 9 juillet 2008



photo Ocean films

Après y avoir présenté en 2003 "Nos meilleures années", Marco Tullio Giordano est revenu ce soir à Cannes à 19h30 avec son dernier film "Sanguepazzo" ("Une Histoire italienne") traitant de la période précédente : l'Italie fasciste, "nos pires années", comme il a dit ce soir.

Monica Bellucci, star de la journée, interprète le rôle de Luisa Ferida qui était une actrice populaire du cinéma fasciste où elle fut entraînée par sa passion pour son mari le comédien Osvaldo Valenti, un caractériel cocaïnomane aux moeurs débridés qui les détruira tous les deux. Pour essayer de le sauver et lui fournir de la morphine pendant la guerre, elle acceptera de se vendre. Tous deux furent ensuite fusillées à la libération par les partisans, considérés plus comme des dégénérés que des fascistes. Le bruit courait, par exemple, que Luisa dansait nue pour exciter les tortionnaires et que Osvaldo filmait les tortures sur les prisonniers.

Un beau film sophistiqué et ambitieux, une large fresque sur les années noires de l'Italie fasciste avec cette histoire d'amour suicidaire en symbole de la décadence, un réalisateur qui se regarde un peu filmer tout de même, c'est le reproche qu'on pourrait lui faire, beaucoup de plans et de compositions à visée esthétique pure, beaucoup de Monica Bellucci pour le plaisir de filmer son visage dans le plaisir, pas mal de scènes qui servent peu ou pas le récit... Mais le film a plu, grande ovation après la projection, l'équipe du film n'en finissait pas de saluer. Ensuite, Monica Bellucci, sculpturale dans une robe blanche et noire comme cousue sur elle, renonce à sortir par la porte principale, les gens l'attendent avec des appareils photo, ils la voient à travers la vitre qui leur tourne le dos, flanquée de ses gardes du corps.

  
Monica Bellucci lundi soir à Cannes après la projection de "Sanguepazzo", photo www.cinemaniac.fr

 
Marco Tullio Giordana et Monica Bellucci après la projection de "Sanguepazzo", photo www.cinemaniac.fr


Monica Bellucci


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"Serbis" de Brillante Mendoza et embouteillage sur tapis rouge "Indiana Jones"/Ministère de la culture

J5, dimanche 18 mai 2008



18 - 05
2008
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  Aishwarya Rai à Cannes dimanche, la plus belle femme du monde, est une actrice de Bollywood et une égérie L'Oréal,
photo www.cinemaniac.fr


 
En sortant de la projection de "Serbis" de Brillante Mendoza, je suis passée par le marché du film au niveau - 1 au palais des festivals pour aller prendre un café au bar. Le marché du film est encore un des endroits les plus sympas du festival parce qu'on y rencontre des gens normaux se comportant normalement et s'habillant comme vous et moi. C'est là que tout se passe, les achats et les ventes de films, etc... En pratique, ça ressemble un peu au salon du livre avec des stands par maisons de production et c'est très intéressant de s'arrêter ici et là prendre des brochures et s'informer sur les productions brésiliennes, italiennes, etc... Les détenteurs de Pass marché du film (bleu) ont des dizaines de projections dans des petites salles dont tous les cinémas de la ville réquisitionnés pour ça mais aussi sur place et dans certains grands hôtels, les grosses boites de production s'y installent dans des chambres ou des suites, selon budget. Dans ces hôtels privilégiés, on croule sous la doc, des magazines tous plus luxueux les uns que les autres jetés devant toutes les portes des chambres, en pile dans les halls. Le tapis rouge, c'est le glamour, le spectacle pour distraire les marchands et conditionner les futurs spectateurs... 


marché du film, photo www.cinemaniac.fr

Je m'apprêtais à me rendre dans la file d'attente de la salle du 60° anniversaire pour rattrapper un des films manqués la veille, sans grand espoir d'ailleurs car trop de gens avaient été privés de films du samedi, quand je passe devant l'entrée des artistes avec toutes les limousines du festival, une ambiance très sympa, des gens chaleureux, on me laisse prendre des photos mais de qui? En fait, le jury entre et sort par là en allant voir les films en compétition, pour l'heure, je les ai râtés, en revanche, Ayshwarya Rai, qui mérite le titre de la plus belle femme du monde, sort toute vêtue de vert assortie à ses yeux, on dirait une sirène, une beauté sublime, clic! (voir ma photo ci-dessus) Ensuite, c'est le tour de Linda Evangelista, ancien top model des années 80 qui a rempilé dans le métier et a rejoint aussi le staff L'Oréal : telle une statue d'un film de SF, elle est habillée en or massif : immense silhouette or, robe fourreau et chaussures tout or, impressionnant, on dirait qu'elle est fausse, en image de synthèse... Et puis Dany Brillant qui reste le dos tourné, Dominique Farrugia, Vincent Cassel vu auparavant par ma voisine (il est à Cannes pour le film sur Mesrine), etc... Donc, si on veut voir quelques stars ou people sans se coller aux barrières du tapis rouge, voilà une piste : l'entrée des artistes...


Dany Brillant à Cannes dimanche, photo www.cinemaniac.fr

Si pour la projection de "Serbis" à 16h, une jeune femme m'avait donné une invitation tout de suite, ce qui m'a permis d'entrer dans le grand théâtre Lumière un peu moins vite qu'en galopant de dernière minute, pour la projection de 22h, les dés étaient pipés mais on l'ignorait... Quand j'arrive vers 21h15, résonne la musique d'"Indiana Jones", l'équipe du film avec Harrison Ford, Steven Spielberg, et aussi George Lucas, sort en fanfare (cette fameuse première mondiale était à 19h), pose à nouveau sur les marches pour la sortie, ce qui n'est pas courant, c'est la fête au superlatif (à l'entrée, ils ont même distribué quelques chapeaux "Indiana Jones" jetés à la foule). Cependant que les invités de la séance de 22h sont déjà arrivés et parqués derrière les barrières en attendant "Gomorra" de Matteo Garrone, premier film italien en compétition (deux cette année avec "Il Divo" de Paolo Sorrentino qui sera projeté vendredi). Seulement, demain, c'est la journée de l'Europe et Sarkosy nous poursuit jusqu'à Cannes par l'entremise de Madame Albanel qui occupe visiblement beaucoup de place avec une brochette de délégués européens, le réalisateur Cristian Mungiu, palme d'or l'année dernière, etc... Et là, il se passe un événement nouveau, bien entendu, l'accès de dernière minute restera fermé et personne de la file d'attente (à Cannes, attendre est mon activité principale de la journée) ne pourra entrer mais, pour la première fois, je vois des invités avec leurs précieuses invit argentées dans la main refoulés, une cinquantaine d'entre eux se voient renvoyés chez eux (ceux du balcon, bien sûr, on a fait passer en priorité les invit orchestre et corbeille), l'anti-démocratie est en marche autour des marches, si je puis dire... Car, tout comme le shopping dans les voyages (les tours operators organisent des journées shopping au bout du monde), les marches sont devenues un événement en soi, presque plus important que le film, les gens posent sur les marches moquettées de rouge, se photographient les uns les autres, jouent à faire la star, à tenter de passer de l'autre côté du miroir...


"Serbis" de Brillante MA. Mendoza / Philippines


sortie 12 novembre 2008



photo Swift dsitribution

Un des films que j'attendais avec le plus d'impatience pour avoir été totalement séduite par les deux précédents films du réalisateur :  "John-John" et "Tirador" (pas encore sorti en France, vu au festival du film asiatique de Deauville en mars dernier). Dans les deux cas, il s'agissait d'une descente dans les bidonvilles de Manille : dans "John-John", c'est filmé le jour dans le dédale des ruelles et leurs habitations tellement vétustes et précaires, une famille d'accueil va devoir se séparer d'un enfant qui va être adopté par des riches américains, un petit garçon qu'ils élevaient depuis trois ans comme un de leurs enfants. Dans "Tirador", c'est une impressionnante descente de police la nuit dans le même quartier pour rechercher des dealers, les gens sont dans la rue dans le noir, éclairés furtivement par la lampe torche des policiers, un film choc, sans doute le meilleur des trois.

Dans "Serbis", le point commun avec les films précédents, c'est l'immersion totale dans un milieu, un lieu, du cinéma réalité, du cinéma immergé à visée qu'on ressente les choses comme si on y était, à commencer par le son très important pour Mendoza : dès le début, on entend en surégime les bruits de la rue pour ne pas dire l'assourdissant vacarme de la rue qui s'immisce dans les maisons, les intérieurs, à la limite du supportable. Seconde signature Mendoza : la caméra fébrile suivant les personnages dans les dédales, dans ses précédents films, ce sont les ruelles du quartier populaire au bord d'un caniveau hostile, ici, les couloirs (la soeur aînée, le petit garçon), l'objectif d'immersion du spectateur est le même qui a alors l'impression de prendre la place de la caméra et de "suivre" lui aussi le personnage, voire de monter et descendre l'escalier lui aussi... ça dépend des facultés à se laisser happer par un cinéma sensuel, sensoriel, faussement primaire, auquel il ne faut pas opposer de résistance si on veut en profiter.

Une jeune fille se lave soigneusement, se sèche sensuellement, met du rouge à lèvres, répète "je t'aime" à son miroir... Sa soeur aînée tient l'établissement un peu particulier où vit cette famille à Angeles aux Philippines : le cinéma "Family", un bâtiment délabré aux altières proportions et nombreux escaliers, qui a dû être beau autrefois, avec une salle de cinéma sur trois qui fonctionne encore en passant des films pornos. Pendant que Nayda, la soeur aînée, fait tout, la cadette, Jewel, se prélasse, les neveux Alan et Ronald, l'un maquettiste et l'autre projectionniste, s'envoient en l'air et bossent mollement, le gendre tient la confiserie et la mère Nanay Flor se ronge à propos de l'issue d'un procès où elle aimerait faire condamner son ex-mari, père de ses enfants, qu'elle a attaqué en justice depuis des années pour bigamie.



photo Swift distribution

Film moite plus que sensuel, film beaucoup plus frontalement sexuel que les deux précédents car le sexe est partout : sur les affiches des films aux titres explicites, dans la salle de cinéma où des prostituées gays postés près l'écran proposent "un service" ("Serbis") qu'ils rendent sur place... Dans les chambres des neveux, de la fille cadette Jewel et même de la mère si austère que l'on voit vers la fin du film faire les mêmes gestes que sa fille au début du film : se laver, mettre du rouge à lèvres devant son miroir... Plus inquiétant, le petit garçon, fils d'environ sept ans de la soeur aînée, mettra lui aussi du rouge à lèvres après avoir épié sa tante et sa grand-mère... Le crucial manque d'argent est relégué en toile de fond mais discrètement omniprésent, par exemple, on parle de téléphoner au prêteur sur gage pour payer un chèque, une pratique qu'on sent bien la seule solution connue pour la famille Pineda comme sans doute pour beaucoup d'autres familles aux Philippines. Le film montre autant les conditions économiques que les moeurs des personnages, ce furoncle qu'un neveu extrait avec les moyens du bord, la prostitution seul choix pour survivre, les disputes à propos d'un t.shirt quand on n'en possède qu'un, etc...

Bien qu'on soit dans la manière des deux films précédents, il manque un fil narratif précis, on s'installe au cinéma "Family" et puis on tourne en rond avec les protagonistes. La tension ne monte ni ne descend, c'est un film linéaire avec une ambiance magnifiquement restituée (quasi physiquement) mais aucun relief dans le récit et aucune empathie possible pour les personnages (appréhendés avec de la distance malgré le procédé d'immersion, est-ce à cause du sujet traité trop hard?). On pourrait stopper le film un quart d'heure avant ou après la fin que ça ne changerait rien. Personnellement, je trouve "Serbis" nettement moins réussi que les précédents, possible qu'on ne rende pas "service" à Mendoza en sélectionnant "Serbis et pas "Tirador", un film qui, lui, pouvait jouer la palme d'or (espérons néanmoins qu'on va distribuer ce dernier en France bientôt).


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Gloomy saturday : pas de projections sans invitations! "The Chaser" séance de nuit

J4, samedi 17 mai 2008



17 - 05
2008
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Le festival de Cannes ressemble à un interminable réveillon du nouvel an, en rentrant à plus de trois heures du matin à l'hôtel, je croise des ivrognes en smoking et des robes moulantes en satin qui se tordent les chevilles sous leurs talons sous la pluie, le retour des célèbres fêtes du festival. Et les voitures qui roulent en ville même la nuit avec leurs macarons d'autorisation spéciale, les voitures officielles, les taxis, traverser une rue à Cannes est de toute façon une épreuve...

J'ai eu hier une journaliste au téléphone qui me demandait quel accès j'avais aux projections, eh bien, aucun pour aujourd'hui, j'ai passé mon samedi sous la pluie battante, parquée entre deux barrières sans aucun toit sur la tête à attendre près du Palais des festivals dans la file dite "de dernière minute". Qui a droit d'attendre dans cette file une improbable entrée à une projection officielle? Les détenteurs de badge festival, presse ou marché du film, et pour les séances de 17h et 22h, également les badge cinéphile. Qui va voir les projections au grand théâtre Lumière? Les détenteurs d'invitations qui sont de deux sortes, celles qui se suffisent à elles-mêmes et celles qui nécessitent aussi de posséder un badge pour les utiliser... Conclusion, ce samedi, on n'a jamais ouvert la cage aux fauves, aux projections de 8h30, 11h, 16h et 22h, sur les 2300 places du grand théâtre Lumière, l'administration a estimé qu'il n'y en avait aucune de libre, aucune annulation ou désistement, ce qui paraît statistiquement improbable.

Une précision qui a son importance car ça suppose une logistique adéquate : pour les séances du soir (19h, 22h, voire minuit et plus), la tenue trèèès habillée est obligatoire, c'est donc en robe du soir et talons hauts ou équivalent pour les femmes (Catherine Deneuve a bien osé pantalon du soir et saharienne en soie mauve pour la montée des marches d'"Un Conte de Noël vendredi, éternelle "Belle de jour"...), noeud pap et tutti quanti tendance smoking, costume sombre pour les hommes, que les festivaliers attendent leur tour pendant des heures en plein air, quelque soit la météo.


"24 City" de Jia Zhangke (photo Adf Vitam) / Chine,, Lion d'or à Venise avec "Still life"
Une cité ouvrière modèle laisse la place à un complexe d'appartement de luxe...

Munie donc de ce Pass festival inutile pour un WE, j'ai tenté les deux films en compétition du jour : "24 City" de
Jia Zhangke à 16h et "Linha de Passe" de Walter Salles à 22h, et j'ai terminé dans un café dans les deux cas, bredouille. Pour le film brésilien, ils ont fait fort, alors qu'on avait vu passer l'équipe du film un bon quart d'heure auparavant, ce qui veut dire projection imminente, on nous a laissé sous la pluie dans cette file d'attente, seuls, le Palais en train de fermer les portes, les rangées de flics rentrés chez eux, au bout d'un moment, un type de la sécurité à qui on avait enfin donné un ordre nous a dit de partir, on n'ouvrirait pas la barrière... Pendant cette  attente pour rien, des conflits entre porteurs de parapluie ont pris corps, des disputes, les pieds et les cheveux trempés, les gens sont devenus irritables, un couple s'est mis en tête de pointer les gens mal élevés qui passaient devant eux, brassant des généralités sur les mauvaises manières d'aujourd'hui. Soudain, un invité retardataire a jeté deux invit à un jeune couple dans la masse qui sont sortis du lot, ayant gagné leur sésame, les autres les ont regardé avec envie, pourquoi eux et pas nous? Pour préciser les choses, il me reste une petite possiblité de voir la reprise du film le lendemain dans la salle du 60° anniversaire mais comme elle n'a que 400 places environ, il y a peu de chance que je passe, là aussi...

Je me suis affalée à une terrasse, ils avaient du coca mais plus de verre, pas de cendrier non plus (il n'y a guère qu'à la boutique du festival, 27 à 35 Euros le t.shirt, 10 Euros le tapis de souris, 1,50 Euros la carte postale, etc... qu'on vend encore ces vestiges d'une autre époque que sont les briquets) heureusement, mes deux voisines de table venaient de la même galère, on a parlé cinéma, seul bon moment de la soirée, et retour dans la file d'attente pour le film de minuit et quart décalé à 1 heure du matin. Minuit sous l'averse qui redémarre, une foule se presse avec les invit argentées dans les mains, je repars faire le grand tour des barrières pour prendre le quart de la file de dernière minute, j'échange quelques mots découragés avec un vigile, il a l'air désolé... Cinq minutes plus tard, il vient me donner une invit que quelqu'un lui a rendue, un ange dans le Palais, je vais donc rejoindre le troupeau des porteurs d'invitations, on attend encore sous la pluie mais avec la certitude de voir le film. "The Chaser", un polar coréen, premier film hors compétition de Na Hong-ji...

"The Chaser" de Na Hong-jin / Corée du sud / Hors compétition

  
sortie 18 mars 2009

Un ancien flic devenue proxénète va rempiler dans la police pour traquer un serial killer qui tue ses prostituées... Se rendant compte que les filles qui travaillent pour lui et disparaissent ont toutes rencontré le même client dont il ne connaît que le téléphone, ce flic passé de l'autre côté, rongé par la culpabilité, va remuer ses anciens collègues et leur prêter main forte pour retrouver le monstre qui torture les prostituées avec du matériel de boucherie.

Oscillant entre l'horreur et la loufoquerie, entre réalisme sanglant et dérision, le film est un thriller qui a de l'humour et de l'audace, quelques moments claustrophobiques dans la maison du serial killer démontrent le talent du réalisateur pour le film d'angoisse tandis que les malheurs de la police traumatisée parce qu'un électeur mécontent d'avoir ses toilettes bouchées a renversé des excréments sur le costume du maire de Séoul sont assez comiques, mais le film, trop riche, trop long, joue les prolongations et s'enlise...

Leonardo di Caprio vient de signer pour le remake du film, après "Les Infiltrés" de Scorsese, remake de "Internal affairs", autre polar asiatique...

"Linha de Passe" de Walter Salles (photo Diaphana) / Brésil
Au coeur de Sao Paolo, quatre frères essaient de se réinventer...

La seconde question était : est-ce que je vois des acteurs à Cannes? Jamais de la vie! Les stars (ou faisant fonction de) sont parquées dans les palaces dans leur suite, totalement inacessibles, pour la présentation de leur film, on les fait descendre dans le hall de l'hôtel au dernier moment, elles s'engouffrent dans une limousine pour faire 500 mètres et en sortent deux minutes plus tard, là, elles posent sur le tapis rouge pour les photographes de presse accrédités massés derrière des barrières près de l"entrée, et entrent dans la salle, fin de l'épisode, elles repartiront en voiture officielle itou. Hier, on s'extasiait que Harrison Ford (qui présentera demain le très attendu "Indiana Jones 4") ait pris le risque de traverser la Croisette à pied (une bonne trentaine de mètres de la plage à l'hôtel)! Autre sortie de la star : la soirée privée suivant le film ou autre, comme celle en l'honneur de Jeanne Moreau ce soir à l'hôtel Martinez qui ne cesse, malgré elle, qu'on fête ses 60 ans de carrière depuis janvier 2008. On a mille fois plus de chances de rencontrer des acteurs en allant à une avant-première de promo comme il y en a toute l'année dans toute la France, voire en se baladant dans certains quartiers de Paris, qu'en se rendant à Cannes... Si on loge  au Majestic ou au Carlton, voire au Martinez, on peut croiser un acteur à condition de se trouver sur son passage quand il sort ou entre dans l'hôtel, car les stars ne vont pas au bar ou très rarement et là, le plus souvent, on ferme un carré VIP ou on privatise le bar entier avec un cordon de sécurité et les clients "normaux" de l'hôtel n'y ont plus accès...

Demain est un autre jour... du WE, dimanche, espérons qu'il ne sera pas gloomy sunday...


Michèle Laroque, photo L'Oréal Cannes


Cependant que je me plains... Un blogueur voit des stars, écumant les soirées people et les premières glamour avec une énergie illimitée, il s'agit de notre confrère et ami Le BLOG REPORTER ... version Cannes...



Harrison Ford hier sur la plage très VIP du Nikki Beach, photo Hugo Meyer, Le BlogReporter



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1er film français en compétition "Un Conte de Noël" et Sean Penn sous la pluie

J3, vendredi 16 mai 2008



16 - 05
2008
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Pourquoi une telle foule se pressant vers la salle du 60° anniversaire, bâtisse extérieure accolée au palais côté mer, pour aller voir un documentaire sur le Tsunami à Ceylan en 2004, filmé par une australienne dont la profession n'est pas cinéaste mais bénévole dans l'humanitaire? Pour une séance annoncée à 19h15, on fait déjà le pied de grue vers 18h sous des parapluies, à Cannes aujourd'hui, la météo est couleur novembre... Parce que Sean Penn, encore lui, le président du jury qui déplace les foules, parraine cette projection intitulée la séance du président, une création sur mesure du sélectionneur. On se souvient qu'après le cyclone Katrina à la Nouvelle Orléans, Sean Penn s'était aussitôt rendu sur place avec son bâteau pour effectuer des sauvetages. L'homme est politique, engagé, humanitaire et humain.


Sean Penn présente le film "The third wave"  en compagnie de Thierry Frémeaux, photo www.cinemaniac.fr

Quand Thierry Frémaux prend le micro, toutes les têtes se tournent vers le fond de la salle, personne ne le regarde ni ne l'entend car Sean Penn, mince silhouette noire, vient d'arriver et s'apprête à descendre l'escalier, les appareils photo normalement interdits crépitent, qui n'a pas son appareil photo à cette séance du président??? (on sait pourtant qu'il déteste ça...) On présente une blonde incendiaire en robe longue moulante de satin blanc et hauts talons dorés, qui porte un nom slave, rescapée du Tsunami en 2004 (elle ressemble comme deux gouttes d'eau à Petra Nemcova, top model qui accompagnait Sean Penn à la cérémonie des Oscars après l'annonce de son divorce, démenti dans la presse avant le festival)... Difficile de se concentrer, j'ai été incapable d'écouter un mot de l'un ou de l'autre, fascinée par "ma" star sous mon nez, assise au premier rang collé à l'écran, alors que par goût je m'installe toujours au fond de la salle... Dieu sait si l'ancien bad boy (trop chic, costume et chemise noir, cravate de satin noir assortie) a l'air stoïque planté là sans un geste, le profil qu'il voudrait bas sous les flashes, mitraillé de photos encore et encore, et la salle ronronne de plaisir, c'est la messe... Une salle occupée en partie par des invités de marque comme le chanteur Bono, Michaël Moore et le jury...


Sean Penn, Thierry Frémaux et le top model tchèque Petra Nemcova, témoin du Tsunami de 2004, photo www.cinemaniac.fr

Un débat à suivi la projection avec Alison Thomson, la réalisatrice amateur du film, qui n'avait pas prémédité en allant au Sri Lanka de faire un film, encore moins un long-métrage, c'est venu petit à petit... Le film est découpé en 19 semaines, c'est un peu long et rédondant, pavé de bonnes intentions, ouvertement militant. Un train est englouti par le Tsunami, tous les passagers venaient d'un petit village complètement détruit par la catastrophe. Alison et trois autres bénévoles débarquent sur place et s'épuisent à reconstruire les maisons et à soigner les victimes, voire enterrer les morts. On voit bien qu'au début, on filme à vocation de se souvenir car les bénévolent se mettent trop en scène, c'est un peu un carnet de voyage, ensuite, on élargit le champ aux habitants, aux conflits. Car passée la tétanie du choc, la population se rend compte de la réalité du désastre, qu'ils ont tout perdu, les donations d'argent créent des jalousies entre villageois qui en veulent à Alison jusqu'à vouloir la chasser. Un des bénévoles, parti, épuisé, revenu, dit lucidement que chez lui aux USA, il n'est personne, qu'ici, il est important pour tous... Quelques soient les motivations des bénévoles, ils abattent un travail de romain et distribuent autant d'amour que d'argent, on voit beaucoup de médecins arrivés ensuite prêter main forte de différents pays d'Europe.

la réalisatrice Alison Thompson à quelques jours d'aller en Birmanie pour une prochaine mission humanitaire, photo www.cinemaniac.fr




sortie 21 mai 2008


Pendant ce temps, on (Catherine Deneuve et sa fille Chiara Mastroniani, Mathieu Amalric et Anne Consigny, Melvil Poupaud, etc...) montait les marches à 19h30 avec la présentation officielle du premier film français "Un Conte de Noël" d'Arnaud Desplechin que j'avais vu à la séance de 14h30. Grand moment de solitude en repensant à l'unanimité des critiques cinéma sur ce film lors de la dernière émisison du "Cercle" sur Canal plus cinéma, des avis dithyrambiques... J'ai personnellement trouvé ce film indigeste, pénible et prétentieux, compliqué, maniéré, les rapports entre les personnages sonnent souvent faux, surtout le couple des parents pas crédible du tout. Les névroses à tiroir et les deuils de cette famille assez monstrueuse (la mère indigne demandant une greffe de moëlle à ses enfants dont à son fils qu'elle n'aime pas, banni de surcroît par sa soeur dépressive qui fait la loi, le neveu en HP, etc...) lassent rapidement et Mathieu Amalric, un des meilleurs acteurs français, n'est jamais aussi faux que chez Depleschin, très étonnant cette exception... Mais apparemment, le film aux critiques et aux cinéphiles, bon courage pour le 21 mai (sortie en salles)!

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